Disque du mois
Korey DaneYoungblood

Belle gueule, voix qui vous touche à l’âme, chansons éraflées parfumées à l’âge d’or de l’Amérique de la fin des 50’s, oui celle d’À l’Est d’Eden qui nous a fait fantasmer à coup de grands espaces, de rebelles et de grosses cylindrées, Korey Dane débarque de Californie et n’a pas fait le voyage pour rien. Youngblood, son deuxième album, est la meilleure nouvelle de ce début d’année merdique. À 25 ans ce cowboy de bord de mer fait preuve d’une maturité bluffante, alignant, entre deux coups de peigne, une americana chair de poule dont on n’osait plus rêver. Imaginez un Ryan Adams qui aurait enfin retrouver la voie de l’inspiration. Jules Verne, qui ouvre le bal, est juste parfaite, tendue et limpide, faisant grimper la température avant un Let It Be Just For Fun acoustique qui calme le jeu mais pas l’enthousiasme, I’m Your Man rebranche l’électricité suivie des murmures de Little Dream, une ballade / berceuse irrésistible. À coup de montagnes russes  ce jeune con joue avec nos nerfs mais emporte définitivement le morceau avec un Pony & The Kid émouvant. Le reste de l’album déroule et les frissons en découlent, portés par un coup de pedal steel et ce timbre de crooner sur le fil. FD.

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School Of Seven BellsSVIIB

Ce sera le dernier album de School Of Seven Bells, Alejandra Deheza, seule rescapée du trio originel après le départ de sa sœur jumelle Claudia en 2010 et le triste décès de Benjamin Curtis en 2013, a décidé d’arrêter le groupe et de boucler la boucle en sortant ce quatrième album, ultime hommage au musicien disparu il y a 3 ans. Effondrée par la perte de son alter-ego, elle pensa à tout laisser tomber, avant de finalement choisir de terminer le travail commencé avec Curtis durant l’été 2012, et d’en faire « du début à la fin une déclaration d’amour » comme elle l’a confié au magazine anglais Mojo. Alors, évidemment, les premières notes de Ablaze résonnent avec étrangeté, mais on se laisse vite happé au fil des titres par ce son  singulier que le groupe sculpte depuis Alpinisms, premier album sorti en 2008, une électro pop éthérée et lumineuse visitant des contrées oniriques que seul Cocteau Twins avait approchées en son temps. Coproduit par Justin Meldal-Johnson SVIIB est donc un beau disque d’adieu, avant que le silence s’installe et que l’école des sept cloches ne se taise à jamais. FD.

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Fat White FamilySongs for our mothers

Mignon, beau ou fin. Voilà trois adjectifs qui ne décrivent en rien ce deuxième album tant attendu du groupe répondant au doux nom de Fat White Family. Songs For Our Mothers fait suite au très bordélique Champagne Holocaust, sorti trois ans plus tôt. Un album qui avait permis aux sales gosses de tourner un peu partout dans le monde, de se faire une (belle) réputation en live et de se défoncer non-stop, par la même occasion. Des excès qui sont la base même de leurs morceaux autant que de leurs performances scéniques. Si ce deuxième album semble à première vue plus en retenue, la tension est bien présente sur ces dix titres planants, oscillants entre garage tordu et psychédélisme teinté d’un blues sale. Les textes de Lias Saoudi ne sont pas en reste, et poussent un peu plus loin la provocation sur des chansons aux titres respirant l’intelligence (« Love Is The Crack », « Goodbye Goebbels »). De vrais Sex Pistols des temps modernes ! Tachez de vous jeter sur cette bombe à retardement sans plus attendre car, au vu de leur style de vie, l’explosion en vole est imminente. SP.

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Alain ChamfortVersions originales

Petit plaisir délicieusement coupable de cette fin d’hiver, voici le meilleur d’Alain Chamfort soit un best of des chansons du dandy français qui a traversé nos vies, les années et les modes avec un talent, un détachement et une distinction sans égal dans le petit monde de la chanson hexagonale. Manureva, Bambou, Malaise en Malaisie,Paradis, Chasseur d’ivoire, La fièvre dans le sang, Trace de toi, Souris puisque c’est grave, Clara veut la lune, Les beaux yeux de Laure autant de petites bluettes inoubliables, intemporelles et romantiques, remarquablement bien écrites à quatre mains avec Serge Gainsbourg ou Jacques Duvall au stylo. Pour compléter ce retour dans la lumière, sort en même temps Le meilleur d’Alain Chamfort revisité, une sélection de titres remixés par quelques jeunes DJ’s très fréquentables (Superpitcher, Chloé, Scratch Massive, Ivan Smagghe…) qui nous livrent une relecture électro de quelques titres du répertoire de cet hautement respectable artiste de variétés. FD.

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